"Vous m'avez jeté votre monde au visage comme un seau d'eau, je ne trouverai jamais le chemin, je suis perdue " a-t-elle écrit.

Françoise Dolto écrivait dans son manuel "Lorsque l'enfant paraît":

"Tu es né parce que tu voulais naître et que nous voulions aussi un enfant". Réponse à donner lorsque l'enfant demande la raison de sa présence.

Je (Najia) ne crois pas que Valérie voulait naître. Pourtant, elle apparut un mercredi premier novembre 1961, dans le quinzième arrondissement. Son père était ingénieur et sa mère secrétaire. En réalité, ils ne voulaient pas d'un second enfant et Valérie portera ce refus en elle.

Imagen de Valérie Valère trabajando de actriz en Pierrete

Petite, elle semblait sage, travaillait bien à l'école. Elle était silencieuse et se cachait sous la table où finalement son frère allait la chercher. Les livres étaient la seule fenêtre donnant sur le monde extérieur. Et l'atmosphère familiale restait très tendue. Derrière son silence, Valérie absorbait tout, mémorisait tout. Elle recrachera le venin de ce monde et dévoilera toute l'hypocrisie qu'elle a découvert chez les adultes et qui la poussera à cesser de se nourrir à 13 ans. Ce monde l'écoeure, lui donne des nausées mais lorsqu'elle le criera, personne ne sera encore apte à l'entendre.

"Monsieur le psy, dira-t-elle, ce n'est pas les enfants qu'il faut enfermer mais eux les parents, eux les responsables."

À 10 ans, elle portait déjà ce trouble dans son âme. Elle était triste et seule, ses parents étaient trop préoccupés par eux-mêmes pour voir qu'elle existait. Valérie était une petite fille sage et transparente mais dont le coeur était chargé de dégoût. À 12 ans, elle est partie avec son père en Belgique durant une semaine. Heureuse de partir, Valérie découvrit qu'elle n'était pas seule avec lui. L'amante de son père était là aussi. Valérie fut derrière, comme toujours, mise de côté. Le voyage lui fut insupportable.

Valérie était repliée sur elle-même. Les fuites, les sauts d'humeurs étaient une tentative pour elle de s'extérioriser. Mais l'année scolaire a passé, le fleuve de la vie continuait à couler tranquillement sans montrer les tourbillons qui se déchaînaient sous une eau trop calme.

L'été est arrivé et elle accepta de passer la fin du mois d'août chez son amie Sophie. Sa mère partait bronzer en Tunisie et son père préparait un voyage d'affaires pour le Canada. Dans cette autre famille où elle fut accueillie, Valérie cessa de manger...

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